LREM : mode d’emploi d’un mouvement fabriqué à partir du vide

Lors d’un entretien à Saint-Nazaire, des citoyens lèvent le voile sur les fragiles compétences de Mme DUFEU SCHUBERT, Députée LREM de la 8e circonscription de Loire-Atlantique.

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Article rédigé par Tony MOULIS, militant de la délégation.

 

C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes. La République En Marche, mouvement construit sur la doctrine du renouvellement politique aurait dû faire preuve de vigilance dans le casting mené à la hâte lors des dernières législatives.


La Députée qui se revendique de « faire de la politique autrement » n’a pas déçu les citoyens qu’elle a accepté de rencontrer le 18 janvier dernier durant un entretien d’une heure. C’était sans compter sur les questions qui bousculent le parti majoritaire et pour lesquelles, l’élue n’avait aucune réponse ni argument cohérent à opposer à ses visiteurs avertis.


Entrés rapidement dans le vif du sujet, les participants ont entamé un sprint avec des réponses très attendues sur les privatisations, l’ISF, l’emploi, la politique internationale ou encore l’obligation de se plier aux exigences de la Commission européenne pour faire le lien avec l’ensemble des contraintes qui pèsent sur la Nation et sa paupérisation.

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Madame DUFEU SCHUBERT, fervente défenderesse du mieux vivre et de la santé, reconnait le constat dressé par M. MOULIS, participant à cet entretien et ancien candidat UPR à la députation de la circonscription. Elle ne fait cependant aucun lien entre les coupes budgétaires tous azimuts mises en œuvre par le gouvernement et exhortées par le rapport des Grandes Orientations de Politiques Économiques dicté par Bruxelles chaque année. Au passage, le retard ou la non-application de ces recommandations sont lourdement sanctionnés par la CJUE allant jusqu’à 0,2% du PIB soit 4,4Mds d’euros d’amende. La France a donc écopé de 759 600€ d’amende en 2006, 10 millions d’euros en 2008 et risque à cet instant d’être condamnée à verser près de 5Mds d’euros au titre du précompte immobilier dont l’impôt a été indûment perçu suite à la méconnaissance manifeste des traités européen par le Conseil d’État.

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La santé étant proche du périmètre de Madame la Députée, la question du Glyphosate a tout naturellement été abordée. Sous l’égide d’Emmanuel MACRON les députés ont voté la reconduite pour 3 ans de la licence de Monsanto (aujourd’hui propriété des laboratoires BAYER) alors même que le rapport de l’OMS est formel, le Glyphosate présente un risque potentiel de déclenchement du cancer. Le principe de précaution n’a manifestement que peu d’importance et la Déléguée à la santé de Madame DUFEU SCHUBERT de rajouter « vous savez les lobbies, on doit faire avec » en affichant un large sourire qui interpelle.

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Liste des Lobbyistes à l'Assemblée Nationale : http://www.assemblee-nationale.fr/representants-interets/liste.asp


A la question de la légitimité de la suppression de l’ISF et l’assouplissement de l’Exit tax dès 2019, les incohérences du gouvernement sur les prétendues incitations à l’investissement, le semblant de chasse aux sorcières avec la fuite des capitaux et la suppression de 2 130 postes à la DGFIP en 2019 n’ont pas semblé incommoder l’élue de la circonscription. Le delta entre les ménages soumis à l’ISF partant ou revenant sur le territoire chaque année s’élève à 500 en moyenne, ce qui représente un manque à gagner de 170 millions d’euros annuel. Pour autant, les Députés dont Madame DUFEU SCHUBERT qui signent en bons soldats, quantité de textes sans en connaître le contenu même sommairement, ne trouvent rien à redire quand un cadeau immédiat de 3,2Mds d’euros est fait aux plus riches et que ce cadeau est financé par la désindexation du taux de rendement des livrets A que les plus modestes paieront à hauteur de 3,6Mds d’euros.


Sur le terrain des privatisations et du pillage de notre patrimoine industriel par des multinationales ayant découvert que le marché européen est nettement moins cher que le leur depuis près de 20 ans, les raisons de l’immobilisme du gouvernement sont soit intéressées soit contraintes. Les autoroutes, la SNCF, la FDJ ou le parc de barrages hydroélectriques EDF dont le financement a été endossé par les contribuables et qui génère 1,5 Mds d’euros chaque année sont bradés et l’histoire se répète.
Les raisons n’en demeurent pas moins obscures pour les non-initiés mais pas pour l’UPR ni pour ceux qui vivent grassement sur le dos de la construction européenne comme Pierre MOSCOVICI ou Michel BARNIER. Tous savent parfaitement que la dérégulation des marchés et la libre circulation des mouvements de capitaux sont inscrites dans le marbre des traités dont en particulier les articles 63 et 121 du TFUE. Madame DUFEU SCHUBERT et sa Déléguée à la santé n’avaient à l’évidence pas conscience de la maîtrise des sujets portés par ces quidams venus à leur rencontre et s’en sont trouvées fort dépourvues. Une réponse a émergé toutefois du tréfonds de la noirceur de leur ignorance abyssale « l’État n’a pas vocation à investir, soutenir ou rester au capital des entreprises ». La députée n’a donc pas connaissance de l’APE, de la Banque d’investissement publique ou encore de la Caisse des dépôts et consignations dont l’engagement parfois majoritaire au capital d’entreprises existe bel et bien.
Toujours au chapitre des fleurons industriels dont l’un d’eux conférait à la France son indépendance nucléaire, l’affaire Alstom est l’un des plus sulfureux de cette décennie. M. MOULIS a demandé à Madame DUFEU SCHUBERT quel était sa position au sujet du mensonge sous serment tenu par M. MACRON devant la commission d’enquête parlementaire de 2015 et le rôle qu’il a joué dans la cession de 75% d’Alstom puisqu’il avait échangé avec Martin Bouygues et commandé un rapport au cabinet AT KEARNEY via l’APE dès 2012. Des milliers d’emplois étant en jeu, un soutien indéfectible a été affirmé par Madame la Députée qui a ajouté « M. MACRON ne pouvait probablement pas s’exprimer sur ce sujet devant la commission et a donc usé de son immunité ».

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Toujours à cheval entre l’à peu près et le n’importe quoi, il est difficile de confier le destin de la France à des candidats plus opportunistes qu’intéressés aux enjeux parlementaires. Il est imprudent de croire que des Députés, en manque d’implication dans l’apprentissage de leur mission d’élus après plus d’un an et demi dans l’exercice de leur fonction, fassent des choix éclairés en considérant à la fois l’échiquier politique, stratégique et les jeux de pouvoirs qui doivent les tenir écartés de toutes influences contraires aux intérêts de la Nation.

 

Pour conclure, la question de la légitimité des multiples décisions prises par Emmanuel MACRON et qui sont contraires à la constitution de 1958 a été posée sans détour à Madame DUFEU SCHUBERT. M. MOULIS n’a pas hésité à illustrer ce thème en abordant le traité d’Aix la Chapelle que le gouvernement a été contraint de révéler en toute fin de semaine du 14 janvier et signé le 22 courant entre l’Allemagne et la France, l’intervention de la France en Syrie sans avoir obtenu l’autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU avec un risque potentiel de représailles de la Russie ou encore la déclaration d’Aurélien TACHE qui confirme que les intentions de LREM pour les européennes de 2019 visent bien à « transférer la souveraineté de la France à Bruxelles ».


Madame DUFEU SCHUBERT soutien les choix de la présidence et affirme « qu’on ne peut pas remettre en cause les décisions du Président MACRON en permanence et que par ailleurs, cette disposition ne figure pas dans la constitution ». Après avoir été informée de la procédure de destitution décrite par l’article 68 de la constitution dans une lettre adressée par l’UPR à l’ensemble des parlementaires puis confirmée lors de cette entrevue, Madame DUFEU SCHUBERT feint ne pas comprendre l’objet de cette question.


En sa qualité d’élue de la Nation et afin que M. MACRON soit entendu par la Haute Cour en vue de déterminer si ses violations répétées de la constitution constituent des manquements à ses devoirs manifestement incompatibles avec l’exercice de son mandat, elle ne souhaite pas adjoindre sa signature à celle de M. MARLIN (LR), seul Député à souhaiter que la lumière soit faite sur les agissements de Jupiter qui comme il semble le croire, doit rendre compte au peuple de France.


La suite de l’entretien n’a pas été plus productif quand il a été question de la formation, de la suppression des cotisations sociales et donc de la fin de la sécurité sociale, des retraites et de l’agriculture. Un vernis auprès de ces élus reste pourtant nécessaire afin de répondre un minimum à l’ensemble des citoyens soucieux du devenir de leur pays.

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